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pape-centro-astalliLors de la visite du pape au Centro Astalli

En visite le 10 septembre dans un centre d’assistance aux réfugiés, au cœur de Rome, le pape François a lancé un nouvel appel afin que nul n’ait peur d’accueillir les étrangers en difficulté. Il a lancé un appel aux congrégations religieuses afin que leurs couvents vides ne soient pas transformés en hôtels pour « gagner de l’argent » mais accueillent ceux qui sont dans le besoin.
Deux mois après sa visite choc sur l’île italienne de Lampedusa, où il avait fustigé la « mondialisation de l’indifférence », le pape François s’est rendu au Centro Astalli, à Rome. Il est resté une heure et demie dans ce centre géré par le Service jésuite des réfugiés (JRS), et s’est en particulier rendu au réfectoire où, tous les jours, plus de 400 personnes viennent prendre un repas chaud. En prenant son temps, il a salué ceux qui attendaient leur tour puis ceux qui étaient assis à table en train de manger. Il s’est ensuite entretenu avec un groupe d’une vingtaine de personnes. « Il leur parlait de près et les regardait dans les yeux », a précisé peu après aux journalistes le Père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège.
Après cette visite, marquée par un climat festif, le pape François s’est rendu dans l’église du Gesù voisine où quelque 500 personnes ( réfugiés de toutes religions et nationalités, responsables du centre et bénévoles) l’attendaient. Après avoir écouté les témoignages de deux réfugiés, dont une jeune enseignante syrienne, le pape a ensuite pris la parole pour lancer un nouvel appel à l’accueil des étrangers, et des réfugiés en particulier.

 

Servir, accompagner, défendre>

« Chacun de vous », a lancé le pape aux réfugiés, « porte en lui une richesse humaine et religieuse, une richesse à accueillir et non à craindre ». « Nous ne devons pas avoir peur des différences », a-t-il poursuivi avant de déplorer que nombre de réfugiés arrivés à Rome au terme d’un voyage difficile ne retrouvent pas le sourire mais soient à l’inverse « contraints de vivre dans de mauvaises conditions, parfois dégradantes, sans la possibilité de commencer une vie digne, de penser à un nouvel avenir ».
Le pape François a alors invité toute l’Eglise à « servir, accompagner et défendre » les réfugiés, s’appuyant sur les trois piliers du Service jésuite des réfugiés.
« Servir, c’est-à-dire accueillir la personne avec attention et lui tendre la main sans calculs, sans peur, avec tendresse et compréhension (…) en établissant des liens de solidarité. Solidarité, cette parole qui fait peur au monde développé. Ils essaient de ne pas la prononcer. C’est presque un gros mot pour eux. Mais c’est notre parole ! » s’est exclamé le Pape.
« Accompagner, c’est aussi ce que fait le centre Astalli. Au départ, en proposant des services de premier accueil, puis en accompagnant les personnes dans leur recherche de travail, en proposant des activités culturelles afin de contribuer à la croissance d’une culture de la solidarité, de la rencontre et de la solidarité. »
Mais servir et accompagner, c’est aussi défendre, a précisé le Saint-Père, « se mettre du côté des plus faibles ». Et de rappeler combien il est important pour toute l’Eglise que l’accueil du pauvre et la promotion de la justice ne soient pas confiés seulement à des « spécialistes » mais soient « une attention de toute la pastorale, de la formation des futurs prêtres et religieux, de l’engagement de toutes les paroisses, les mouvements et groupes ecclésiaux ».

Les couvents vides n’ont pas vocation à devenir des hôtels

« Le Seigneur, a encore souligné le pape François à l’intention des religieux, appelle à vivre avec plus de courage et de générosité l’accueil dans les communautés, dans les maisons, dans les couvents vides ». « Chers religieux et religieuses, a alors lancé le pontife, les couvents vides ne servent pas à l’Eglise pour les transformer en hôtels et gagner de l’argent. Les couvents ne nous appartiennent pas, ils sont pour la chair du Christ que sont les réfugiés ».
« Nous faisons beaucoup, mais peut-être sommes-nous appelés à faire plus. Surmontez la tentation de la mondanité spirituelle pour être proches des personnes simples et surtout des derniers », a encore ajouté le pontife qui est allé ensuite déposer des fleurs sur la tombe du père Pedro Arrupe, ancien supérieur général des jésuites et fondateur du Service jésuite des réfugiés. P.G. (avec Radio Vatican et Apic)
Dominique Servais
Adjoint au Vicariat
Vicariat Évangile & Vie
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